Electrypop Interview – ADG

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Interview ADG

 

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© NB Records

ADG, le (grand) public ne te connait pas encore beaucoup, est ce que tu peux tu nous parler de toi?

Bonjour. Je m’appelle Adrien Doran Girard d’où les initiales ADG et je suis originaire de Montpellier dans le sud de la France. J’ai commencé la musique très tôt en sachant depuis toujours que je ne voulais rien faire d’autre dans ma vie. Quand on est enfant on rêve d’être pompier, policier, pilote etc… Mais pour moi c’était une évidence. Aujourd’hui lorsqu’on me demande ce que je fais et que je réponds que je suis musicien, les gens me demandent « mais c’est quoi ton métier sinon ? ».
Au début cette réaction m’interpellait mais maintenant je dois avouer que ça me fait plutôt sourire car finalement avoir un métier de passion c’est la plus belle des vies qu’il soit, même si au début il est bien évidemment difficile d’en vivre et que cela demande pas mal de sacrifices. J’ai commencé la scène dans un groupe de reprises avec qui j’ai tourné durant 8 ans et même si ça ne laissait que très peu de place à la créativité, cela a été néanmoins une expérience enrichissante et formatrice ainsi que de belles rencontres. J’ai également eu plusieurs groupes de compos dans lesquels j’ai pu former mon oreille ainsi que pratiquer l’impro.
C’est en 2013 que je rentre en studio pour la première fois pour mon précédent album « The End Of Time » signé chez le label NB Records sous le pseudonyme de « Sirius Circus ». Un album test expérimental qui n’a été distribué qu’à très peu d’exemplaires. J’ai également était sound designer chez les studios Ipnotik, une société de jeux et applications mobiles..
Fin 2017 je retourne en studio pour enregistrer un tout nouveau projet sous mes initiales : ADG.

ADG ton premier album “Schizophrenic Conversations” est sorti le 11 Janvier chez NB Records…Peux tu m’en dire d’avantage?

Schizophrenic Conversations est un projet dans lequel se mélangent plusieurs styles et influences. L’idée première était d’imager différentes manières de percevoir le monde, de se voir soi même, au travers de différentes humeurs, différentes couleurs ainsi que diverses histoires et sonorités etc..
Je ne voulais pas me cantonner à un seul style. Chaque titre a son empreinte et son histoire. Certains textes parlent de faits réels ou de société comme « Paris Brûle » qui retrace la nuit des attentats au Bataclan, « The Makeshift Boat » parle de ces personnes qui meurent en mer, loin de leur pays pour fuir la guerre.
D’autres textes comme « Marilyn » ou « My Friend » ont une dimension plus joyeuse et festive sur des airs celtiques.D’autres titres sont plus sombres comme « Schizophrenic conversation », « I.D. », « The Man With No Name » ou encore « Under Pressure » qui sont les témoins d’un combat intérieur que chacun de nous peut éprouver dans sa vie; nos idées noires, notre solitude, notre colère et la manière dont on peut ou ne pas gérer tout ça.
C’était un risque mais j’ai choisi de le prendre et même si au début j’ai eu peur de la réaction du public , il s’est rapidement avéré d’après les retours positifs des chroniques que ce soit dans les médias spécialisés ou bien encore les gens qui me suivent sur les réseaux sociaux, que je n’avais rien à regretter . Quand on tente de sortir un peu du moule c’est quitte ou double . Ca valait le coup de le tenter et je peux dire sans prétention que je suis fier de ce projet. Pour pouvoir porter un projet il faut avant tout y croire.

Côté technique : Schizophrenic Conversations est produit par le label NB Records et distribué par Modulor. NB Records est un petit label indépendant très récent basé en périphérie de Montpellier. Ce qui est génial avec ce label c’est que je suis libre de créer comme je l’entends. Nous sommes en phase. Je n’ai pas de barrières, cela peut paraître un luxe de nos jours mais pourtant si primordial ! Pour ce qui est de l’enregistrement, l’album a été entièrement enregistré in the box par Mickael Falgairolle et moi même avec très peu de matériel. Une carte son Focusrite liquid saffire 56, Côté prise de son nous avons plusieurs micros comme un Neumann pour la voix, un 441, Un ruban pour les guitares etc… Quelques reverbes et compresseurs (Lexicon, manley, SSL…) et une paire de genelecs en monitors. Nous travaillons essentiellement avec des VST et plugins comme la suite Komplete de Native Instrument notamment pour les drums, basses, pianos et autres synthés. Pour les cordes nous avons fait appel à Thibault Akrich au violoncelle avec qui je joue sur scène et qui est également guitariste, Delchad Ahmad au violon et Haki Kilic à l’accordéon. Pour le reste des instruments j’ai tout joué moi même. Pour les rooms des drums nous avons utilisé une vieille enceinte un peu pourrie mais qui rentrait parfaitement dans le mix (ça ne fait pas rêver dit comme ça mais c’est souvent comme ça en studio). L’enregistrement et le mix ont duré pas loin de 2 ans. Le temps de la recherche des sons, de remanier des parties mélodiques, parfois changer des textes etc… Ainsi que le temps d’écouter et de réécouter des centaines de fois jusqu’à satisfaction. Le plus dur lorsqu’on est en studio est de valider une version définitive. Il y a toujours quelque chose qu’on peut perfectionner mais il y a un moment où il faut savoir dire STOP, c’est la bonne.

Quel est ton meilleur souvenir de l’enregistrement?

Je pense que mon meilleur souvenir à été de bosser avec mon pote Mika et les sessions d’enregistrement des violons et violoncelles. C’est un instrument que j’admire vraiment et que je suis malheureusement incapable de jouer… C’est d’ailleurs le seul instrument que je n’ai pas joué moi même lors des enregistrements.

Une réverbération vocale favorite peut être?

Je n’ai pas spécialement de préférence, tout dépend de ce que le titre demande. Sur un titre plus dynamique nous optons plus pour une reverbe courte avec un petit effet un peu rétro et dans les titres plus aérés une reverbe plus large. Mais après il n’y a pas vraiment de règle. C’est au service du morceau.

De quel instrument joues-tu?

Je joue de plusieurs instruments en autodidacte comme le piano, la guitare, la basse, la batterie, plusieurs percussions et tout récemment le banjo. Certains mieux que d’autres évidemment mais j’aime beaucoup toucher à tout et expérimenter.

Le premier extrait de ton album paru le 11 janvier est :” Schizophrenic Conversation” (le titre de l’album)
Pourquoi ce titre? Quel accueil a t’il reçu (lors de la diffusion du clip)?

Schizophrenic Conversation est en réalité le 3ème single extrait de l’album. Les 2 premiers extraits « Far From You » et « Rockstar » ont eu des retombées très positives telles que plusieurs diffusions radio et télé un peu partout en France, et ont dépassé les 150 000 vues sur YouTube. Schizophrenic Conversation vient tout juste de sortir donc il est difficile d’analyser encore les retours mais il est actuellement en playlist sur plus de 10 radios et la presse commence à en parler donc je croise les doigts pour la suite

Pourquoi avoir fait le choix de chanter en Anglais sur 13 des 14 titres que compte l’album?

L’anglais, selon moi, est beaucoup plus « chantant » que le français. Ce n’est pas un désir de se cacher ou de dissimuler les textes derrière une autre langue mais bel et bien de créer le lien entre le phrasé et l’harmonie. Plusieurs choses composent une chanson qui se tient selon moi, il y a la mélodie, le rythme et le sens ou le message mais avant tout une musique doit être « musicale ». On me demande souvent pourquoi je n’écris pas plus en français et cela m’a beaucoup fait réfléchir je dois avouer. Donc il est possible que dans un futur plus ou moins proche que j’écrive d’avantage dans ma langue maternelle. Mais ceci est une autre histoire… Suspens…

Quelle est ta chanson préférée de l’album?

Mon titre préféré est sans hésiter « I.D. ». C’est celle que je préfère jouer en live en tout cas. Ce n’est pas le titre le plus « vendeur » de l’album mais certainement le plus profond et immersif selon moi.

Après écoute de “Schizophrenic Conversations”, la première chose qui m’a frappée c’est le mélange de multitude de styles différents: electro, rock, folk Irlandais,blues…
n’est il pas risqué de vouloir imposer tant de styles diffèrents pour un premier album?

C’est justement ce que j’aime, le risque. Si on ne tente pas des choses nouvelles on se retrouve à faire comme tout le monde et donc il n’y a plus d’intérêt à créer si c’est pour recréer quelque chose que tout le monde connait déjà. Le challenge étant de créer un projet à la fois très éclectique et en même temps marqué d’une empreinte, d’une signature. Le nom « Schizophrenic Conversations » reflète justement ce « bordel organisé » si je puis dire. J’ai essayé de créer dans cet album un voyage qui passe par plusieurs états d’esprit. On peut autant se retrouver sur un bateau de pirate à écumer les mers dans « The Makeshift Boat » que dans la noirceur ou la mélancolie de « I.D. » ou encore dans un face à face presque charnel avec le diable dans « Me & The Devil » . Ce sont plusieurs histoires qu’on ne peut pas raconter de la même manière à chaque fois. Chaque titre est illustré à sa façon car l’histoire qu’il raconte le demande. La difficulté est de réussir malgré tout à garder une trame globale, un fil auquel l’auditeur peut se raccrocher. J’espère avoir réussi ce pari mais je ne suis pas assez objectif pour pouvoir l’affirmer bien entendu.

Peux tu me donner ton opinion à propos du téléchargement illégal?

Comme un grand nombre d’artistes je ne suis pas enchanté que quelqu’un puisse en un clic télécharger un album ou un titre qui m’aura pris du temps, de l’énergie et de l’argent à créer. La promotion d’un album ou d’un single est très coûteuse , sans compter les séances studio, les clips, l’achat du matériel etc…
Sortir un album c’est un peu comme jouer au poker, tu mises tout dessus mais tu peux tout perdre si ça ne plaît pas. Dire que l’on est fan d’un artiste et le télécharger illégalement est totalement paradoxal car la moindre des choses, quand on aime un artiste, et que l’on veut continuer à entendre sa musique, c’est de lui donner les moyens de la créer et de la diffuser.

Une tournée nationale est elle prévue?

Aucune tournée n’est encore « officiellement » prévue à ce jour mais nous recherchons activement des tourneurs qui seraient susceptibles d’être intéressés par le projet. Les deux premières dates ont été l’Antirouille à Montpellier et un showcase dans le magasin Cultura pour la sortie de l’album. Une date parisienne se fera très certainement dans un avenir proche mais je ne peux pas trop vous en dire plus pour le moment.

Merci à toi ADG!

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Interview réalisée par mail…via Music Media Consulting